INTERNATIONAL MILITARY MUSIC SOCIETY

Branche française

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Le Fifre

 

  Dés le Moyen Âge, la flûte de la Renaissance se répand le long du Rhin. Au XIV° siècle, elle devient un instrument militaire dans ces régions où les soldats allemands et suisses marchaient au son des tambours et des « Pfeife » (d’où « le fifre »). La renommée des fantassins suisses avait attiré l’attention d’autres pays sur le fifre qui pouvait être de la taille des flûtes actuelles. En Allemagne au XVI° siècle on en trouve de trois tailles différentes.
  Les modèles les plus courants n'ont pas de clé du tout ou bien alors une seule, rarement deux. Ils ont parfois un trou inférieur pour le pouce. Le fifre peut également être fait d’une seule pièce ou composé de deux éléments emboîtables.
  Son introduction en France a suivi la bataille de Marignan (1515) : on en retrouve la trace chez les Cent-suisses dès 1519. En 1534, François 1er l’étendit au reste de son armée, à raison d'un fifre par bande de 200 à 500 fantassins. Le succès de cet apport conduisit à doter chaque compagnie d'infanterie d’un fifre et un tambour à partir de 1545.  
  La marine adopte cette mesure puisque l'on trouve la trace de fifres et de tambours embarqués sur des vaisseaux dès I574. Les fifres et tambours, souvent aussi les gabiers, permettaient depuis de nombreuses décennies de signaler les manœuvres logistiques ou tactiques à la mer. Ils permettaient aussi d’apporter quelques distractions aux équipages à l’occasion des longues croisières de la marine à voile. Par temps de brume, ils servaient à renforcer les cloches, cornes, feux de mousqueterie et canonnades tirées à blanc. Jusqu’en 1914 il était courant pour les Brestois de croiser le défilé des tambours et fifres des Pupilles de la marine.
  À partir de Louis XIV, les fifres ne se rencontreront plus, régulièrement du moins, que chez les mousquetaires, les dragons et certains régiments suisses au service de la France, tels que les Cent-suisses (supprimés par la Révolution, réformés sous Louis XVIII et finalement définitivement licenciés en 1830).
 
  Après une réorganisation sous Mazarin, les fifres furent réintroduits chez les mousquetaires en 1657, avant d’être définitivement supprimés en 1665 : les fifres et tambours étaient utilisés pour le service à pied alors que les trompettes servaient pour le service à cheval.
  En 1705, Philidor l'Aîné achève un recueil manuscrit de compositions militaires de cette période. Ces marches et sonneries sont dus à un total de quatorze compositeurs, dont Lully, mais la part la plus importante en revient à Philidor l’aîné et à ses proches parents.
  Certaines compositions ont été spécifiquement écrites pour le fifre comme L'air pour le fifre ou L’ordonnance pour le fifre. D'autres marches composées pour les hautbois, comportent la mention qu'elles conviennent également pour les fifres. A partir de ce moment, les fifres ne furent plus utilisés dans l'armée française que de manière intermittente.
  Sous Louis XV, l'ordonnance de 1776 concernait toujours, entre autres, les fifres.
   Sous Louis XVI, une nouvelle ordonnance royale réglementa à nouveau les sonneries de fifres et les batteries de tambour : L'assemblée, Le Drapeau, La berloque, La retraite, La charge.
  Des sonneries de fifres élaborées sous la Révolution, seule La charge de la 1ère République semble avoir été conservée. Des airs révolutionnaires connus ont aussi été joués par des tambours et des fifres : Ça ira, La carmagnole.
  Sous le Consulat et sous l'Empire les tambours et les fifres connurent à nouveau un essor, en particulier dans la garde impériale : Le pas redoublé, La charge, La retraite, Aux champs, L'assemblée, Le rappel, La générale, La diane, Le ban.
  À cette époque, bien qu'il semble avoir été utilisé pour conduire des bals, le fifre n’était pas tout à fait considéré comme un instrument de musique à part entière mais plutôt comme un simple moyen de signalisation pour transmettre les commandements au combat et en manœuvre (signaux) ou, pour donner la cadence pendant les déplacements pédestres (L’armée de Napoléon a parcouru l’Europe à pied !).
  L’introduction du clairon dans l’infanterie tentée une première fois en 1822 et réglementée en 1831 (année de la création de la Légion étrangère) sonnera le déclin du fifre dans l’armée française. La puissance sonore du clairon l’imposera naturellement surtout pour la transmission des ordres.
  Sous Napoléon III, le fifre a connu un éphémère regain d’intérêt notamment grâce à la célèbre marche du second empire La retraite de Crimée.
  Le célèbre tableau (1863) de Manet témoigne fortement de la place du fifre dans le cœur de Français de cette époque.
  À ce jour, seule la Musique de la légion étrangère conserve la tradition de l’utilisation du fifre. Des marches telles Gai légionnaire ou le Criquet témoignent du mélange des instruments modernes avec cet instrument tellement ancien.
  Les sociétés musicales civiles étaient fort nombreuses au XIX° et début du XX°. Les nombreux recueils dédiés à ces ensembles montrent l’engouement pour ces formations populaires. Pita, Raux, Grandjean figurent parmi les auteurs de ces ouvrages pédagogiques.
  De nos jours quelques formations à bases de fifres maintiennent la tradition et se produisent à l’occasion de grandes fêtes comme le Carnaval de Dunkerque ou encore les fêtes de la Bravade à Saint-Tropez qui perdurent depuis quatre siècles. La région roannaise possède aussi de nombreuses sociétés d’amateurs pratiquant encore le fifre.
  L’association Les tambours de 89, dont le maintien de la tradition du tambour français guide l’action, s’est aussi fixé comme but la diffusion du fifre. La Bretagne et le Pas-de-Calais voient fleurir de nouvelles sociétés musicales à base de fifres et tambours.
  Ce sont les Pays-Bas et la Suisse qui demeurent au cœur de la pratique de cet instrument et de l’extension de son répertoire.
  Le comté de Nice conserve vigoureusement cette tradition notamment dans l'arrière-pays.       
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